Ecrits et journal de guerre

Le 30 mai 1936, moins d'un mois avant la naissance de sa première fille Jacqueline, Irène commence la rédaction d'un petit journal intime. Quelques paragraphes sont rédigés par Pierre. Ce journal parle uniquement des cinq premiers enfants du couple : énormément de Jacqueline, beaucoup de Philippe, un peu d'Olivier, très peu de Dominique et Nicolas. Il s'arrête en 1945, et la rédaction est de plus en plus interrompue dans les trois dernières années.

Nous avons retrouvé ce document par hasard. Olivier l'a numérisé et communiqué à Philippe, qui en a effectué la saisie. Nous l'avons ensuite mis en page en y insérant quelques photographies. Le résultat est prêt à être imprimé comme un livret recto-verso, sous le nom choisi faute de mieux : « Le carnet marron ». On trouvera également ici une remise en ordre des échanges épistolaires entre Philippe et Olivier à l'occasion de la redécouverte de ce document.

Le 20 novembre 1941, Pierre Lecarme commence à porter sur un petit carnet de format 11x17cm, formé de feuilles détachées reliées par deux anneaux métalliques, ce qu'il appelle des « Remarques diverses ». Cette sorte de journal se poursuit jusqu'au 7 janvier 1945, à une fréquence variable et avec quelques longues interruptions. La fin abrupte est probablement non intentionnelle.

Nous avons retrouvé ce document, là encore, par le plus grand des hasards. Nous avons voulu l'illustrer de quelques photographies. Le résultat, sous une forme prévue pour être imprimée, est disponible sur ce site sous le titre choisi par Pierre Lecarme, « Remarques diverses ».

Jeudi 27 juillet 1944, Pierre Lecarme part de Laval à bicyclette pour Grenoble. Pour des raisons inconnues, son itinéraire passe par Saint-Nazaire en Royans, où il est arrêté par les allemands et fait prisonnier, avec de nombreuses personnes, dans l'école communale de Saint Nazaire. Ce jeudi est celui du massacre de la grotte de la Luire, quatre jours après la dispersion des combattants du Vercors.

Deux jours plus tard, après un interrogatoire où il joue sa vie (beaucoup des prisonniers seront fusillés), Pierre Lecarme est relâché et parvient à se rendre à Grenoble, où il arrive le soir. Deux semaines plus tard, c'est le débarquement de Provence et le commencement de la fin pour l'occupant allemand. Le récit détaillé des ces événements par Pierre Lecarme est rassemblé, avec d'autres textes, sous le titre « Juillet 1944 ».

Pendant les deux jours où il est retenu prisonnier dans l'école de Saint-Nazaire, Pierre Lecarme fait le voeu, s'il s'en sort, de faire à pied le pélerinage vers Notre-Dame de Lourdes. Trois ans plus tard, pendant l'été 1947, il tient cette promesse, accompagné de son beau-frère et meilleur ami Maurice Cordier.

Un an plus tard encore, pendant l'été 1948, il refait le trajet vers Lourdes, cette fois à bicyclette, pour préciser ses souvenirs et prendre des photographies. À son retour, il rédige sur un album de photographies le Pèlerinage à la Source.

Cet album est entre les mains d'Agnès Parenty, qui me l'a confié pour que j'en effectue la numérisation. Cela n'a pas été très facile, à cause du format de l'album, de la couleur du papier, et du fait que Pierre Lecarme avait l'habitude de ne laisser de marges ni à gauche, ni à droite. J'espère que le résultat est cependant lisible.

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